Ma drôle d’aventure à Plymouth au Integrated Dance Summer School

En Octobre 2016, j’ai eu la chance de participer à un stage de trois jours avec Adam Benjamin en Belgique. Une expérience qui m’avait alors confortée dans mon choix de me consacrer à la danse professionnellement, quelques mois avant d’intégrer InterDanse.

J’étais donc impatiente de retrouver Adam et participer au premier Integrated Dance Summer School à Plymouth ; une semaine entière à approfondir mes connaissances de l’improvisation en danse et ce dans une pratique ouverte et accessible à tous. Et cette fois-ci, je ne suis pas partie seule. J’ai embarqué dans cette aventure Joana, une danseuse du pays basque qui voulait expérimenter un stage de danse inclusive.

Et quelle Aventure…..

A peine arrivées avec Joana, le ton est donné. Nous allons partager notre logement avec quatre danseurs de la compagnie de danse intégrée Japonaise KYO. Je savais déjà qu’un spectacle de la compagnie devait clôturer le stage le samedi soir et qu’ils répèteraient toute la semaine. Mais partager des petits moments au quotidien avec ces personnes si accueillantes et chaleureuses? Quel cadeau. Et que dire de notre rencontre avec A., cette pétillante jeune femme toute droit venue du Québec et qui commence à peine une année sabbatique en Angleterre pour enrichir ses connaissances de la pratique inclusive?

C’était sûr! Cette semaine serait très enrichissante à l’intérieur et en dehors du studio.  

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Après avoir passé notre première journée d’escapade à flâner dans les rues ensoleillées de Plymouth (si, je vous jure il peut faire beau en Angleterre), il était temps de commencer ce stage et de rencontrer mes autres compagnons d’aventure.

Me voilà sur cette scène de théâtre, entourée de 24 autres participants venant de différents pays et horizons (théâtre, improvisation, danse, cirque aérien, …). Ils semblent tous curieux, sensibles, souriants, heureux d’être là et BAVARDS!!!!!!! YES!!! On va bien s’entendre!
En effet, il faut le savoir: On danse et on parle dans les stages d’Adam Benjamin. On parle de soi, on échange, on rit, on fait des blagues et on fait des choix aussi… j’y reviendrai…

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photo : C. Lee

Chaque jour, nous avons commencé par un échauffement et plusieurs exercices simples (et difficiles à la fois) en duo et parfois plus à la (re)découverte de notre corps, pour développer nos sens, explorer de nouvelles possibilités de mouvement dans l’espace, seuls et avec les autres.

Je serre une main, puis nos deux mains s’éloignent de plus en plus pour finalement se retrouver. Puis je guide ma/mon partenaire, je la/le suis, je lui parle, je manipule, je suis manipulée… avec les yeux ouverts puis les yeux fermés. On prend confiance en l’autre, en soi. Non! Pas « ON » mais  « JE » m’autorise à m’abandonner, à lâcher prise… même quelques secondes… et ce n’est pas chose facile,  moi qui aime bien tout contrôler, mais libérateur. Ce qui m’a amenée à me questionner :

Comment s’assurer de sa sécurité /la sécurité de son partenaire quand les yeux sont fermés sans pour autant oublier d’être dans la danse?
Il faut être responsable, mais aussi être conscient que l’on est pas seuls dans l’espace. D’autres ont aussi les yeux ouverts. La personne qui a les yeux fermés est là aussi, prête, à l’écoute et son corps saura…

Respons’Ability : Le corps / Les corps savent. Ainsi,  les sensibilités et une attention forte permettent la création chorégraphique dans l’instant… 

Tous ces exercices nous ont permis de développer de nouvelles capacités pour nous amener vers des créations chorégraphiques instantanées.
Et là, comment dire? Il s’en est passé des choses. C’était à juste titre les moments les plus agréables et fun…. Des « scènes » improbables, sensibles et souvent drôles. J’ai adoré être spectatrice/actrice de ces moments. C’est incroyable ce qu’il peut se passer dans un espace temps d’une minute avec une simple consigne que l’on choisit de suivre ou pas… et qui peut amener à des improvisations en 3 actes…

J’ai observé et vécu de si beaux moments toute cette semaine… Un duo/duel en contact magique, une participante espagnole qui tant bien que mal exprime son point de vue, une bouteille en plastique dans la bouche, six personnes en lignes, parlant chacune dans leur langue maternelle en donnant l’impression qu’elles racontent la même histoire, une improvisation parlée qui commence en douceur pour finir en déflagration de « Fu**** Fu**** F****CCCCCKKKKEEEERRRRS » et une conversation dansée des plus intéressante sur les coupes menstruelles….

Ils en avaient des choses à dire mes camarades de stage!!!!!!!

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Dès le premier jour, j’ai observé qu’Adam utilisait les mêmes exercices que dans le stage d’Anvers. J’ai eu d’abord peur de m’ennuyer ou de ne rien apprendre… mais rapidement, je me suis rendue compte de l’avantage que cela m’apportait : je pouvais aller plus loin, chercher autre chose, explorer différemment.

Justement… Dès le deuxième jour, chacun des participants exprime en début de journée ce qu’il attend de la semaine… pour que chacun sache et puisse accompagner les autres à atteindre cet objectif. Super non?!

Plusieurs participants se jettent à l’eau :

« Prendre confiance en moi quand j’improvise »

« Danser plus pour moi et avec les autres sans toujours me sentir obligée de donner ou d’aider les autres dans leurs choix »

« Danser en arrêtant de m’auto-juger »

« Trouver des moments de repos dans ma danse »

A mon tour : « Je veux prendre plus de risques […] et rechercher plus précisément ce qui me rend unique dans ma danse et pour cela j’ai besoin de vous… »

Advienne que pourra…..

J’ai dansé debout ce jour là… j’ai traversé cette salle…. debout… en utilisant les corps de mes partenaires comme supports… c’était risqué… mais c’était génial!!

J’ai essayé de persévérer dans la prise de risque durant la semaine…
Je suis restée immobile dans un coin de la scène, j’ai osé dire non à une invitation à entrer dans une danse, j’ai dansé dans tous mes états de corps, j’ai ri quand il ne fallait peut être pas rire, j’ai tapé dix fois sur un mur pour affirmer haut et fort mon identité de « personne handicapée », j’ai pleuré en disant « merci ».
Je crois que le plus gros risque que j’ai pris cette semaine était en dehors du studio. Je me suis exprimée librement, honnêtement dans chacune de mes conversations… prête à montrer mes multiples facettes.

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photo: T. Carter

Un parenthèse reposante….

Dans ces stages là, le temps passe vite…. très vite, trop vite. On avance doucement mais surement, on tente de nouvelles choses, on est stimulé par ce que l’on voit et l’énergie des participants. On aimerait que ça dure plus longtemps, continuer à chercher, jouer ensemble.
Et en un instant, on se retrouve dans la pénombre d’un studio de danse, lumières éteintes et rideaux fermés. Le besoin de repos quotidien est essentiel notamment pour les personnes souffrant de douleurs chroniques. Comment investiguer cette question en dansant. Peut on danser en se reposant? Comment trouver le calme dans la danse?  C’était une incroyable expérience que j’espère continuer à explorer dans ma danse.

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photo: S. Laukkanen

Improviser, c’est faire des choix (?)

J’ai fait des choix dans ma danse et dans mes objectifs. J’ai choisi d’explorer la notion des « espaces vides » dans mon corps, dans ma tête, dans les espaces qui étaient proposés. J’ai choisi de ne pas faire l’exercice les yeux fermés où il fallait parler, j’ai choisi de m’entêter à traverser la scène en diagonale, en coupant volontairement l’espace d’improvisation en deux.

J’ai aussi réussi à faire des choix quand il fallait dire le nom d’un des participants que l’on avait remarqué à la fin de chaque journée…
Au final, si je suis honnête avec moi même et avec vous, je ne sais pas si le plus dur dans ce « cercle de fin de journée » était de faire un choix parmi tous les moments magnifiques que j’avais pu observer ou plutôt le fait d’espérer entendre mon nom et être profondément déçue voire blessée de ne pas l’entendre…

Moi et mon fichu besoin de reconnaissance, de validation… partout, tout le temps… même quand je danse… 

Toute la semaine j’ai essayé de m’en détacher, me détacher de ce regard et cette approbation. J’en ai parlé autour de moi et je me suis rendue compte que je n’étais pas la seule à ressentir cela ou à avoir peur de ne pas être à la hauteur. Ah bon? Je ne détiens pas le monopole du manque de confiance ?
Et quand le jeudi après midi, mon nom est prononcé à deux reprises…. moi qui m’attendait à un feu d’artifice intérieur ( « ENFIIIIIIIIIIIIIIN!!!!!! « ) et un sentiment de soulagement ultime, et bien… figurez vous qu’à part l’agréable sensation d’entendre mon nom, l’explosion n’a pas eu lieu. A croire que la reconnaissance des autres me fait du bien, mais n’est peut être pas nécessaire à mon bien-être. Mmmm à méditer….

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photo : S. Laukannen

Je vous passe l’épisode du dernier jour de stage, du dernier moment en studio à échanger sur notre expérience… Un grand moment. Il y a eu beaucoup de rires, des larmes aussi (d’accord, j’avoue… moi aussi j’ai pleuré…). C’était une semaine riche en émotions et grands moments de danse. J’ai beaucoup évolué en tant que danseuse mais aussi en tant que femme. J’ai appris et… j’ai compris beaucoup.

Je ne pouvais pas ne pas parler du spectacle de la compagnie KYO le samedi soir et de la fête qui sont venus conclure cette semaine. MAGIQUE!  La compagnie nous a présenté 2 pièces : Open state, d’Adam Benjamin et Border de Takiko Iwabuchi (extraits vidéos disponible en cliquant sur les titres). Les deux pièces étaient de très grande qualité artistique et technique. Elles étaient intenses, très dynamiques et drôles. Les danseurs étaient superbes! Ils travaillent beaucoup, ils répètent énormément et ça se voit… c’est bluffant de précision…

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photos : Klara Łucznik

Quand je pense que les deux danseuses en fauteuil (moyenne d’âge 40 ans) font une heure de transport 4 fois par semaine pour répéter après leur travail… et quand je vois le résultat si professionnel de leur prestation… et bien je me dis que j’ai beaucoup à apprendre de leur humilité et de leur détermination…

Je suis revenue en France pleine d’énergie, nourrie de toutes ces belles rencontres et expériences, convaincue que l’échange est la clef de l’évolution dans la danse inclusive et plus généralement dans la vie. Le stage aura lieu l’année prochaine et j’incite toutes celles et ceux qui aiment danser, partager et improviser à le faire! Vous ne le regretterez pas! Je suis encore plus heureuse de faire partie de cette belle communauté qui avance, pense, explore, essaie, se trompe, rit et recommence…

….. FIN …..
(OU PAS?)


NOTES POUR LA SUITE

« Peu importe ce qui te rend unique, si tu te sens appartenir à un groupe, une communauté »

« Pourquoi je ne mange pas plus souvent du houmous?! J’adore ça! « 

« Quand j’ai dansé avec toutes ces personnes, je ne me suis jamais sentie limitée par les difficultés liées à mon handicap mais surtout par mes propres peurs et mes doutes »

 » Je m’identifie comme étant Européenne et apparemment je ne suis pas seule, mes genoux s’en souviennent »

 » Suivre son instinct, c’est aussi faire un choix artistique »

 » Les meilleures conversations artistiques sont toujours accompagnées d’un bon café le midi ou d’un bon verre de vin à l’apéro »

« ça fait du bien de ne pas se sentir à l’écart dans ses choix de vie ou son identité »

« Tu pars avec une copine, et tu rentres avec une amie… et de la nourriture japonaise lyophilisée. »

 « J’aime bien rire et faire rire au quotidien mais j’ai du mal à être drôle quand je danse sur scène… »

« Manga, ça veut dire bande dessinée… tout simplement »

 » Je n’ai pas toujours besoin de prendre des risques ou me lancer des défis personnels pour avancer et être satisfaite de ce que je fais. Le confort, c’est bien aussi. »

 » J’ai une nouvelle passion à explorer : les chips au vinaigre. »


 

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My « fun-strange » adventure in Plymouth at the Integrated Dance Summer School (english variation)

In October 2016, I had the chance to participate in a three-day dance course with Adam Benjamin in Belgium. An experience that had strengthened my choice to devote myself to dance professionally, a few months before joining InterDanse.

So, I was excited to learn from Adam again and participate in the first Integrated Dance Summer School in Plymouth; an entire week to deepen my knowledge about improvisation in an inclusive dance setting. And this time, I did not go alone. I involved Joana in this adventure, another dancer from the Basque country, who wanted to experience an inclusive dance course.

And what an adventure …

Joana and I only just arrived when the tone was set. We will share our flat with four dancers from the Japanese integrated dance company KYO. I already knew that a show of the company would close the course on Saturday night and that they would rehearse the whole week. But sharing everyday life little moments with these warm and welcoming people? What a gift! And what about meeting with A., this sparkling young woman, coming straight from Quebec and who just begins a sabbatical year in England to enrich her knowledge of inclusive practice…?

It was sure! This week would be very rewarding, both inside and outside the studio.
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After spending our first day walking around the sunny streets of Plymouth (I swear, the weather may be nice in England), it was time to start this course and meet my other companions of adventure.

Here I am on this theater stage, surrounded by 24 other participants from different countries and backgrounds (theater, improvisation, dance, aerial circus, …). They all seem curious, sensitive, smiling, happy to be there and TALKATIVE !!!!!!! YES !!! We will get on well!
Indeed, you must know: We dance and we speak in the courses of Adam Benjamin. We talk about ourselves, we share, we laugh, we make jokes and we make choices too … I will come back to this later…

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Every day, we started with a warm-up and several simple (and difficult) exercises in duo and sometimes more to investigate the (re)discovery of our body, to develop our senses, to explore new possibilities of movement in space , alone and with others.

I squeeze a hand, then our two hands move away more and more to finally find themselves again. Then I guide my partner, I follow her/him, I speak to her/him, I manipulate, I am manipulated… with eyes open and then eyes closed. We learn to trust each other, ourselves. No! Not « We » but « I » authorize myself to give in, to let go … even a few seconds … and it is not a easy thing, for someone who likes to control everything, but so liberating. This led me to this question:

How can you ensure your partner’s safety / security when your eyes are closed, without forgetting to be in the dance?
We (I) must be responsible, but also be aware that we (I) are (am) not alone in this space. Others also have their eyes open. The person who her eyes closed is there too, ready, listening and the body will know …

Respons’Ability: The body / The bodies know. (Do they?) Thus, the sensitivities and a strong attention allow the choreographic creation in the moment …

All these exercises allowed us to develop new abilities to bring us to instant choreographic creations.
And then, How can I put it?!!!
Things have happened… It was rightly the most enjoyable and fun moments …. such unlikely, sensitive and often funny « scenes ». I loved being a spectator / actress of these moments. It is incredible what can happen in time and space of one minute with a simple score that one chooses to follow or not … and that can lead to improvisations in 3 acts …

I watched and lived such beautiful moments all this week … A  maginal contact duo / duel, a Spanish participant who somehow expresses her point of view with a plastic bottle in the mouth, six people in a line, talking each in their mother tongue giving the impression that they are telling the same story, a spoken improvisation that begins smoothly and ends in a blast of « Fu **** Fu **** F **** CCCCCKKKEEEEERRRRS » and a very interesting dance conversation about menstrual cups …

My fellow companions had some big things to say !!!

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From the first day I observed that Adam used the same exercises as in the course of Antwerp. At first I was afraid of being bored or of not learning anything, but soon I realized the advantage that it brought me: I could go further, look for something else, explore differently…

Precisely… On the second day of the course, each participant expresses at the beginning of the day what s/he expects for the week … so that everyone knows and can accompany the others to reach their objective. Super not ?!

Several participants took the plunge:

« Get more confidence in my improvisation »

« Dancing more for myself and with others without always feeling obligated to give or to help others in their choices »

« Dancing without listening too much to my self-judgement »

« Find moments of rest in my dance »

My turn comes: « I want to take more risks … and seek more precisely what makes me unique as a dancer and for that, I need you … »

It’s out there… Come What May ….

I danced on my feet that day … I traveled through this room …. standing … using my partners bodies as supports. It was indeed risky … but it was great !!

I tried to persevere taking risks during the week …
I stood motionless in a corner of the dance space, I dared to say « no » to an invitation to enter a dance, I danced in all my « states of body », I laughed when I  had might not be laughing, I banged on a wall 10 times to express loud and clear my identity as a « disabled person » and I cried saying « thank you ».
But, I think the biggest risk I took this week was outside of the studio. I have spoken freely, honestly in each of my conversations… ready to show my several facets.

A parenthesis of rest…

In these types of courses, time goes fast… very fast, too fast. We move on slowly but surely, we try new things, we are stimulated by what we see and the energy of the participants. We would like it to last longer, to keep looking and playing together.
And in an instant, we find ourselves in the darkness of a dance studio, all lights off and with curtains closed. The need for daily rest is essential, especially for people suffering from chronic pain. How can we (as a group) investigate this question while dancing? Can we dance while resting? How can we find calm in dance? It was an incredible experience that I hope to continue exploring in my dancing. Thank you R.

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photo : S. Laukkanen

Improvising, it is making choices (Is it?)

I made choices in my dance and my goals for the week. I chose to explore the notion of « empty spaces » in my body, in my head, in the spaces that were offered. I chose not to do the exercise with eyes closed where it was necessary to speak, I chose to persist in crossing the scene diagonally, voluntarily cutting the space of improvisation in two to fill an empty space.

I also managed to make a choice when I had to say the name of one of the participants that I had noticed at the end of each day …
In the end, if I’m honest with myself and with you, I do not know if the hardest part in this « ending the day circle » was to make a choice among all the beautiful moments that I had observed or rather hoping to hear my name and be deeply disappointed or even hurt not to hear it …

Me and my damn need for recognition, validation … everywhere, all the time … even when I dance …

All week, I tried to detach myself from that look and approval. I talked about it and I found out that I was not the only one to feel this way, or trying to overcome this feeling of inadequacy. Oh Really? I don’t actually hold the monopoly of lack of confidence? 🙂
And when on Friday afternoon, my name is pronounced twice …. as I am expecting an inner fireworks explosion ( « FINALLYYYYYYYYYYYY !!! ») and an ultimate feeling of relief, well … Well…actually, apart from the pleasant feeling to hear my name, explosion did not happen. I guess that recognition of others does make me feel good, but may not be necessary for my well-being. New thoughts to think about…

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photo : T. Carter

I spare myself and you with the emotional episode of the last day, the last moment in the studio to exchange about our experience … A great moment. There was a lot of laughter, tears too (okay, I admit … I cried too …). It was a week full of emotions and great moments of dance. I have evolved so much as a dancer but also as a woman. I learned and … I understood a lot.

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photo : C.Pringle

I couldn’t not talking about the show of KYO company on Saturday night and the party which gave a good closure to this week. MAGIC! The company presented 2 pieces: Open state, by Adam Benjamin and Border by Takiko Iwabuchi (video clips available by clicking on the titles). Both pieces are amazing, with a high artistic and technical quality. They were intense, very dynamic and funny. The dancers were superb! They work a lot, they rehearse a lot and it shows itself… their precision is impressive…

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photos: K. Łucznik

When I think that the two wheelchair dancers (average age 40 years old ) do an hour of transportation 4 times a week to rehearse after their day jobs … and when I see how professional their performance is … Well, I think that I have a lot to learn from their humility and determination…

I returned to France full of energy, nourished by all these beautiful encounters and experiences, convinced that exchange/ sharing is the key to evolution in inclusive dance and more generally in life. This course will take place next year and I encourage all those who like to dance, share and improvise to do it! You will not regret it! I am now even grateful to be part of this beautiful community that keeps moving forward, thinks, explores, tries, fails, laughs and starts again …

… END …
(OR NOT?)


NOTES FOR MYSELF

« No matter what makes you unique, if you feel that you belong to a group, a community »

« Why do I not eat houmous more often ?! I love that! « 

« When I danced with all these people, I never felt limited by the difficulties related to my disability but especially by my own fears and doubts »

 « I identify myself as European and apparently I am not alone, my knees still remember it »

« To follow instinct is also making an artistic choice « 

 « The best artistic conversations are always accompanied by a good coffee at lunch or a glass of wine at the aperitif »

« It feels good not to feel isolated regarding your life choice or identity »

« You start the week with a nice girl you know, and you come back home with a friend … and freeze-dried Japanese food. « 

« I like to laugh and make people laugh everyday but I find it hard to be fun when I dance on stage … »

« Manga means « comic book » … as simple as that »

« I do not always have to take risks or challenge myself to move forward and be satisfied with what I do. Comfort is good too. « 

« I have a new passion to explore: salt & vinegar crips. « 

 

C’est reparti… peut être… pour un « tour »

Le dernier post date de Janvier 2015… J’avais totalement abandonné ce blog. Pourquoi?
Un manque d’inspiration et de rigueur certain, d’autres préoccupations/ priorités… c’est aussi certain…

Malgré tout, 2015 et 2016 ont été deux années d’introspection très importante,  deux années de remise en question très forte, de hauts, de bas, de belles et grandes aventures humaines en solitaire et collectives…

En fin d’année 2016, j’ai fait un choix!!! Oui, moi, j’ai fait fait un choix! J’ai décidé de me consacrer entièrement à ma passion mais aussi au développement d’une pratique qui fait sens pour moi, la pratique de la danse inclusive.

Quand on me demande mon métier aujourd’hui, je réponds danseuse… « Il y a du mieux » comme dirait ma psy. (Oui, oui… Vous avez bien entendu, ma psy… parce que c’est aussi un travail sur moi que j’ai entamé sur ces deux années passées).

Depuis ce choix en fin d’année, de nombreuses opportunités se sont offertes à moi et notamment d’intégrer la compagnie InterDanse en Mars 2017 pour participer à la création de la pièce #Onesttoutslashrien de Tomos Young ou encore me lancer dans mon premier projet chorégraphique, un duo pour deux danseurs avec et sans handicap, Habra Que Ponerse Cachas, actuellement en création dans les studios de Dantzagunea (Errenteria, Guipuzcoa, Espagne) et soutenu par Olas de Energia, DSS2016.

Je ne sais pas encore si je vais de nouveau investir ce blog, mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est certainement pas un hasard si je me suis retrouvée à relire certains de mes posts aujourd’hui…

A suivre….

 

Acquisitions ’14

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(Pictures imported from Touch Compass Dance Facebook page)

Touch Compass Dance Co est une compagnie de danse intégrée, travaillant donc avec des danseurs avec et sans handicap.

J’ai eu la chance d’assister à une représentation d’Acquisitions’14, les nouvelles créations de Touch Compass Dance Co (Nouvelle Zélande) en streaming live sur Youtube Samedi dernier. J’ai adoré l’idée de pouvoir découvrir cette performance en même temps que les spectateurs, tout en étant à 10 000 km. Je me suis levée tôt mais ça en valait la peine. Autre bonne nouvelle, Acquisitions’14 peut être revue ici.

Cette performance est captivante et hypnotique. Elle se présente en plusieurs sections ;

La première partie est un film projeté sur un gros cube en bois qui sera le lieu de toutes les rencontres. Chorégraphié par Olive Beiringa and Otto Ramstad de the BodyCartography Project. Undertide présente un tableau mouvant avec sept personnages qui s’entrecroisent dans des sous-vêtements couleur chair et des visages assez neutres… La lumière change au rythme des mouvements et des danseurs qui se croisent… jusqu’à ce qu’apparaissent progressivement les corps « réels », pales, beiges, sur la scène.

Alors que le cube se met en mouvement circulaire, les danseurs, un à un, intègrent ce cube mouvant pour continuer cet échange. Le cube va de plus en plus vite et révèle des formes et qualités de mouvement simples et complexes à la fois. Les visages restent toujours aussi neutres. J’avoue, j’étais captivée…

La deuxième partie est chorégraphiée par Catherine Chappell et les danseurs de la compagnie : on y retrouve six danseurs et on assiste d’abord à de superbes duos. Les danseurs explorent les angles, les ouvertures du cube en prenant appui sur sa structure. Dans les trois duos, différents, les corps sont mis à rude épreuve, on voit la force et le travail des danseurs tout en étant témoin d’une grande complicité dans chacun des duos… A beaucoup de moment, je me disais… « Wow »…. J’ai particulièrement été scotchée par la performance de Tess Connell et Adrian Smith… dont les séquences sont fortement inspirées de contact improvisation. De plus, je suis toujours épatée par les possibilités physiques d’ Alisha McLennan , tant par ses « tremblements » contrôlés qui rendent ses mouvements si uniques que par son incroyable fluidité au sol. J’adore! A ces duos se rajoutent des jolis moments de solo et d’autres séquences durant lesquelles tous les danseurs sont sur scène.

J’ai beaucoup aimé ces deux « pièces » qui sont d’une grande qualité artistique, technique et émotionnelle. Je vous conseille très vivement de prendre une heure et de vous laisser embarquer.

Pour en savoir plus sur cette compagnie, c’est ici.

Touch Compass Dance Co is an integrated dance company, thus working with dancers with and without disabilities.

I had the chance to attend a performance of Acquisitions’14, the latest creations of Touch Compass Dance Co (New Zealand) live streaming on Youtube last Saturday. I loved the idea of ​​being able to discover this performance along with the audience, while living 10 000 km away. So I woke up very early… But it was worth it. More good news?Acquisitions’14 can be reviewed here.

This performance is captivating and hypnotic. It comes in several sections;

The first part is a film, projected onto a large wooden cube that is « the place of all meetings » . Choreographed by Otto Ramstad and Olive Beiringa BodyCartography of the Project, Undertide presents a picture in motion with seven characters that intersect in beige clothing and have pretty neutral faces … The light changes with the movements of the dancers crossing … until « real » pale bodies gradually appear on the stage.

Then  the cube starts turning  in circular motion when dancers, one by one, integrate this moving cube to continue this tangle. The cube goes faster and faster and reveals different shapes and qualities of movement, simple and complex at the same time. The faces remain neutral. I admit, I was captivated …

The second part is choreographed by Catherine Chappell and company dancers: there are six dancers and we can watch stunning duets. The dancers explore all the corners and openings of the cube and its siblings, and they can have a good grip on its structure. In the three duos- different-, bodies are put to the test and we  can see the strength and the work of the dancers while witnessing a great complicity in each of duets … A lot of the time, I was thinking … « Wow » ….I especially was moved by the performance of Tess Connell and Adrian Smith … whose sequences are highly inspired by contact improvisation technique. Also, I am always amazed by the physical possibilities of Alisha McLennan ‘s, both in her controlled « shakiness » that make her movements so unique and with her incredible fluidity on the ground. I love it! To these are added very good moments of solos and other sequences in which all the dancers are on stage.

I loved these two « pieces » that have very artistic, technical and emotional qualities. I advise you very strongly to take an hour and enjoy this.

To learn more about this company, it’s here.

« Dance everything… » R. Bell.